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samedi 3 février 2007

algerie

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Algérie

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الجمهورية الجزائريةالديمقراطية الشعبية République algérienne démocratique et populaire
Algérie (fr)
Drapeau de l'Algérie
(Détails)
Armoiries de l'Algérie
(Détails)
Devise nationale : La révolution par le peuple et pour le peuple
Langues officielles Arabe littéral 1
Capitale Alger
Plus grande ville Alger
Gouvernement
- Président
- Premier ministre
République
Abdelaziz Bouteflika
Abdelaziz Belkhadem
Superficie
- Totale
- Eau (%)
Classé 11e
2 381 741 km²
Négligeable
Population
- Totale (2006)
- Densité
Classé 35e
32 930 000 hab.
13,5 hab./km²
Indépendance
- Date
De la France
5 juillet 1962
Gentilé Algérien, Algérienne
Monnaie Dinar algérien (DZD)
Fuseau horaire UTC +1
Hymne national Kassaman
Domaine internet .dz
Indicatif
téléphonique
+ 213
1 Le berbère est également reconnu comme langue nationale du pays. (voir le chapitre Langue)

L'Algérie est un pays d’Afrique du Nord appartenant au Maghreb. Sa capitale Alger est située à l’extrême nord du pays. Deuxième pays d’Afrique par sa superficie, l’Algérie est bordée au nord par la mer Méditerranée, elle partage également des frontières terrestres avec la Tunisie au nord-est, la Libye à l’est, le Niger au sud-est, le Sahara occidental, la Mauritanie, le Mali au sud-ouest, et enfin le Maroc à l’ouest.

L’Algérie est membre de l’Union africaine et de la Ligue arabe depuis pratiquement son indépendance, elle a aussi contribué en 1988 à la création de l’Union du Maghreb arabe (UMA).

Constitutionnellement, l’Algérie se définit en tant que pays arabe, berbère (amazigh) et musulman.

Sommaire

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Étymologie [modifier]

Le nom Algérie viendrait de l’arabe Al-Jaza’ir (الجزائر) « Les Îles », qui se dressent face au port d’Alger et qui font partie de sa jetée actuelle, ayant été étendu par la suite pour désigner tout le pays (ordonnance de 1842), prononcé en arabe algérien El Djazayer (ou Jaza’yer selon les régions).
Une seconde explication voudrait que le nom Djazaîr soit rattaché à la dynastie des Zirides, du nom de son fondateur Bologhine ibn Ziri (de tiziri, « clair de lune » en berbère) qui a fondé Alger et régné un temps sur une bonne partie de l’Algérie actuelle. Les Algérois se désignant eux-mêmes sous le vocable de Dziri, par ailleurs les Algériens désignent leur pays sous le nom de El-Dzayer.
Une troisième explication serait plus allégorique : la côte fertile de l’Algérie, coincée entre le vaste Sahara et la Méditerranée, apparaîtrait comme une île de vie, Al-Jaza’ir.

Géographie [modifier]

Voir l’article Géographie de l'Algérie.

L’Algérie est, par sa superficie, le plus grand pays du pourtour méditerranéen et le second au niveau africain, après le Soudan. Dans sa partie sud, il comprend une part notable du Sahara.

La partie nord du pays est sillonnée par des chaînes de montagnes qui prolongent l’Atlas, parmi ces massifs figurent d’ouest en est l’Ouarsenis, le Chenoua, le Djurdjura, les Babors et les Bibans, le Hodna et les Aurès.

Carte de l’Algérie

Carte de l’Algérie

Dans la partie saharienne de l’Algérie, on peut noter des villes comme Tamanrasset, Ghardaia, Illizi ou Djanet. Le voyageur peut s’y rendre en avion ou en véhicule tout terrain et visiter le Hoggar, le Tassili du Hoggar, le Tassili des Ajjer et y rencontrer des nomades touaregs, le Mzab.

Climat [modifier]

Climat méditerranéen en Algérie

Climat méditerranéen en Algérie

Un climat méditerranéen couvre le Nord, tandis qu’un climat désertique règne sur le Sud. Durant l’été, les mois les plus chauds sont juillet et août.

  • Au Nord, sur les villes côtières, les températures hivernales varient entre 8 et 15°C. Elles grimpent à 25°C au mois de mai pour atteindre une moyenne de 28°C à 30°C en juillet et août (28°C à Skikdaa, 29,5°C à Alger).
  • Au centre, dans les montagnes de Kabylie et des Aurès ainsi que dans les hauts plateaux de la région de Djelfa, la température avoisine les 5°C voire −7°C en hiver. La neige y est fréquente en hiver. La température estivale varie de 30°C à 38°C (Constantine 36°C).
  • Quant au Sud, dans le Sahara, la température est de 15 à 28°C en hiver, pour atteindre 40 à 45°C, voire plus en été.

Régions [modifier]

Alger capitale de l’Algérie

Alger capitale de l’Algérie

Kabylie montagnes enneigées

Kabylie montagnes enneigées

Tassili Hoggar reliefs

Tassili Hoggar reliefs

Les quarante-huit wilayas d’Algérie sont recensées dans le tableau en bas de page.

Quelques villes [modifier]

Voir l’article Villes d'Algérie.

Voir aussi : Codes postaux des villes d’Algérie.

Démographie [modifier]

Voir l’article Démographie de l'Algérie.

Les Algériens sont principalement de souches berbère (amazigh), et arabe[1]. Les musulmans orientaux ont converti l’ensemble du Maghreb à l’islam au VIIe siècle et y ont établi leur religion et la langue arabe, langue liturgique. L’apport démographique arabe n’a cependant été significatif en Algérie qu’à partir du XIe siècle, notamment par l’arrivée de tribus d’Hilaliens, estimées à quelques dizaines de milliers[2] et environ 250 000 sur l’ensemble de l’Ifriqiya[3]. D’après cette estimation et Le CIA World Factbook[4], la souche berbère est majoritaire. Les « invasions hilaliennes » furent donc un facteur, principalement important, dans l’arabisation linguistique de la Berbérie. Parmi les régions restées berbérophones, les Kabyles et les Chaouis sont les plus nombreux. L’islam est la religion dominante en Algérie.

Environ 90 % des Algériens vivent dans le Nord, près de la côte et environ 1,5 million de nomades vivent dans le Sud, dans le désert.

Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffres de la FAO, 2005). Population en milliers d’habitants.

Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffres de la FAO, 2005). Population en milliers d’habitants.

  • Population : 32 930 000 habitants. 0 - 14 ans: 28,1 % ; 15 - 64 ans : 67,1 % ; + 65 ans : 4,8 % (estimation juillet 2006)
  • Densité : 13 hab./km2
  • Espérance de vie : 73,3 ans (est. 2006), 76,1 ans (selon un rapport, du ministère algérien de la Santé, de septembre 2006)
    • Espérance de vie des hommes : 71,7 ans (est. 2006)
    • Espérance de vie des femmes : 74,9 ans (est. 2006)
  • Taux de croissance de la pop. : 1,22 % (est. 2006), 1,71 % (en 2001)
  • Taux de natalité : 17,14 ‰ (est. 2006)
  • Taux de mortalité : 4,61 ‰ (est. 2006), 0,61 ‰ (en 2004)
  • Taux de mortalité infantile : 29,87 ‰ (en 2004)
  • Taux de fécondité : 1,89 enfants/femme (est. 2006), 2,7 (en 2001)
  • Taux de migration : 0,35 ‰ (est. 2006) - 0,37 ‰ (en 2004)

Source: CIA World Factbook 2006[4] et Banque Mondiale[5].

Évolution de l’IDH sur 25 ans
Année 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2003 2006
IDH 0,506 0,558 0,610 0,649 0,671 0,721 0,722 0,728

Histoire [modifier]

Voir les articles Histoire de l'Algérie et Guerre d'Algérie.

Gravure rupestre du Tassili datée de 4 000 ans av. J.-C.

Gravure rupestre du Tassili datée de 4 000 ans av. J.-C.

L’Afrique, le bassin de la Méditerranée, l’Europe ainsi que l’Orient furent des éléments incontournables qui enrichirent grandement le cheminement historique de l’Algérie. À l’extrême Sud, on peut noter aussi l’existence du plus grand musée naturel au monde. Autant de preuves qui attestent de l’extraordinaire richesse de son histoire.

Préhistoire [modifier]

Des sites archéologiques révélèrent des ossements d’hominidés dont les dates obtenues par archéomagnétisme remontent jusqu’à 2 millions d’années. Les chercheurs y ont vu la présence de l’Homo habilis et de l’Homo erectus (appelé auparavant Atlanthrope) au début du Paléolithique.

Au Paléolithique moyen, les industries lithiques caractéristiques de l'Atérien sont reconnaissables par la présence de pièces à pédoncule. L'évolution des formes humaines depuis l’Homo erectus a abouti à l'apparition de l'Homo sapiens de type archaïque, ancêtre de la forme humaine actuelle, dont il n'existe pas de vestiges en Algérie (mais qui est documenté dans le Maroc voisin, grotte du Djebel Irhoud).

Le Paléolithique finit avec l'Ibéromaurusien, connu en particulier par les fouilles menées dans la grotte d'Afalou, en Kabylie, qui ont révélé l'existence à cette période (il y a 20 000 ans à 10 000 ans environ) d'un art mobilier (petites statuettes zoomorphes) et d'enterrements.

Les derniers chasseurs-cueilleurs sont représentés dans le nord de l'Algérie par les Capsiens, attestés jusqu'il y a 8 000 ans. Les modalités de passage à l'économie de production (et donc au Néolithique) sont très mal connues dans le Nord.

Dans le Sud (Sahara), le Néolithique est une période florissante en raison d'un climat globalement plus humide que l'actuel et donc d'une flore et d'une faune beaucoup plus riche. De plus, les êtres humains de cette période ont gravé et peint les parois des abris. La chronologie exacte de cet art est très discutée et notamment la date de son apparition (il n'existe pas de moyen de le dater directement). Certains chercheurs pensent qu'il est apparu dès la fin du Pléniglaciaire, au Paléolithique, tandis d'autres ne le pensent pas antérieur au Néolithique.

Antiquité [modifier]

Représentation du roi berbère Massinissa, fondateur du royaume de Numidie (vers 201 av. J.-C.)

Représentation du roi berbère Massinissa, fondateur du royaume de Numidie (vers 201 av. J.-C.)

L’Antiquité de l’Algérie est marquée par les Berbères gétules. Ils établirent des liens commerciaux et politiques avec Carthage et l’Égypte. La fondation XXIIe dynastie égyptienne par le chef gétule Sheshonq à la tête d’une coalition, marquerait le départ du calendrier berbère. Remarquables cavaliers, devenus par la suite des mercenaires.

L’histoire de la Numidie commence avec l’émergence des tribus massyles et massaessyles. Les premiers sont à l’origine de la Numidie orientale et les seconds de l’Occidentale. Massinissa finira, dans le contexte de la seconde guerre punique à unifier la Numidie. L’empire romain, avec l’aide des mercenaires gétules, colonisera la Numidie.

Théâtre de l’époque romaine à Tipaza

Théâtre de l’époque romaine à Tipaza

L’Algérie est par ailleurs le pays méditerranéen qui renferme le plus grand nombre de vestiges de l’époque romaine. Les plus connus sont ceux de Timgad et Tipaza, cette dernière offre à titre d’exemple l’une des plus grandes superficies de nécropoles antiques connues autour de la Méditerranée.

L’islamisation de l’Algérie [modifier]

La chute de Rome, puis des Vandales, et l’instabilité durant la période byzantine entraînent la reconstitution de plusieurs principautés berbères. Certaines, notamment dans les Aurès, vont résister à l’arrivée des musulmans entre 670 et 702.

Les figures les plus connues de ce conflit furent le roi chrétien Koceila, qui vainquit Oqba Ibn Nafaa en 689, près de Biskra, puis la reine guerrière Kahena (de son vrai nom Dihya), qui à la tête des Berbères (Djerawa de l’Aurès et Nefoussa de Tripolitaine) ainsi que des Roums de la côte, infligea, en 693, à la bataille de la Meskiana, une sévère défaite au corps expéditionnaire arabe de l’émir Hassan Ibn en Noman, qu’elle repoussa jusqu’en Tripolitaine.

Tarik Ibn Ziad, Grand chef berbère, se convertit à l’Islam et part aussitôt à la conquête de l’Espagne au VIIe siècle apr. J.-C.

Tarik Ibn Ziad, Grand chef berbère, se convertit à l’Islam et part aussitôt à la conquête de l’Espagne au VIIe siècle apr. J.-C.

Après la conquête musulmane, les citadins adoptèrent l’islam (pour se protéger contre les attaques des nomades) et progressivement la langue arabe. Berbère, phénicien, romain, arabe, espagnol, turc, français : le brassage des langues, le « métissage linguistique », est intense, donnant lieu à un arabe algérien (et maghrébin en général) qui s’est perpétué jusqu’à nos jours.

La première partie de la conquête musulmane de l’Espagne fut menée par un contingent berbère presque entièrement composé de récents convertis, à commencer par son chef Tariq ibn Ziyad, qui donna son nom à la colline de Gibraltar (جبل طارق, « Djebel Tariq »). Après le succès de Tarik, le calife le fit enchaîner. Il mourut en route.

Au Xe siècle, le dai ismaélien Ubayd Allah al-Mahdi fonda la dynastie Fatimide, en Basse Kabylie où il trouva un écho favorable à ses prêches millénaristes. Les Fatimides établirent leur autorité en Afrique du Nord entre 909 et 1171 et fondèrent un califat dissident des Abbassides de Bagdad.
Leur règne est marqué par de nombreuses révoltes Kharijites, notamment celle d’Abu Yazid, en 944, à la tête de tribus berbères Zénètes, qui infligea la plus sévère défaite à l’armée Fatimide, affaiblie et rendue vulnérable, en prenant Kairouan. La révolte fut vaincue par Ziri ibn Manad, à la tête de tribus Sanhadjas, qui en sauvant l’empire reçue le poste de gouverneur du Maghreb central.
Ainsi en 972, lorsque les Fatimides, après l’annexion égyptienne, eurent moins d’intérêts pour le Maghreb, c’est son fils, Bologhine ibn Ziri, qui hérita du contrôle de l’Ifriqiya. Les Zirides y règneront pendant environ deux siècles.
Hammad Ibn Bologhine, le fils de Bologhine, gouvernera indépendamment des Zirides, sur le nord de l’actuelle Algérie, à partir de 1014 en reconnaissant, comme califes légitimes, les Abbassides sunnites de Bagdad, fondant ainsi la dynastie des Hammadides. Les Zirides reconnaîtront, à leur tour, en 1046, les califes Abbassides, montrant ouvertement aux Fatimides leur abandon du chiisme.

C’est à partir de 1048, dans certaines régions du Sud, au temps d’Ibn Khaldoun, que des tribus arabes, principalement les Banû Hilâl et les Banu Sulaym, immigrent en Afrique du nord. Ces « terribles bédouins » hilaliens furent envoyés par le pouvoir Fatimides afin de réprimer les Zirides et les Hammadides. Par vagues successives, ils menaient des incursions dans les grandes villes, pillant puis détruisant tout sur leur passage. Pour l’Algérie, leur nombre ne dépassant pas quelques dizaines de milliers de personnes, ils étaient cependant parfois alliés avec certaines tribus locales des Zénètes. Ces deux royaumes, alors prospères, seront grandement affaiblies par ces incursions. Les Zirides transfèreront alors leur capitale de Kairouan à Mahdia, les Hammadides, d’Al-Quala (La Kalâa de Béni Hammad, aujourd’hui reconnue patrimoine mondial par l’UNESCO) à Béjaïa.
L’Algérie est alors, sur une petite partie à l’Ouest, sous le contrôle des Almoravides, des Hammadides au centre, et des Zirides à l’Est. Quand en 1152, ils sont définitivement vaincues par les Almohades, dirigés par Abdelmoumen Ibn Ali et dont le chef spirituel est Muhammad ibn Tumart. Les Almohades formeront un des plus puissant empire méditerranéen, unifiant le Maghreb et la pays d’Al-Andalus jusqu’en 1269.

Quant à l’immigration arabe en Afrique du Nord, elle fut peu importante, sauf dans deux régions extérieures à l’Algérie, celle de Kairouan et celle de Tanger. Si bien qu’au total le peuplement de l’Algérie n’a reçu qu’une contribution démographique arabe limitée, et qu’une grande partie des populations arabophones est berbère[4].

La conquête de l’Algérie [modifier]

Bombardement d’Alger en 1818

Bombardement d’Alger en 1818

Contrairement au Maroc et à la Tunisie, la conquête de l’Algérie fut longue et particulièrement violente puisqu’elle s’est traduite par la disparition de près du tiers de la population algérienne. L’armée française l’a soumise village après village, mais il faut préciser que ce qui caractérise la colonisation de l’Algérie et tient lieu de particularité est qu’il s’agit d’une colonie de peuplement.

En 1794, lorsque la France révolutionnaire était attaquée par les puissances européennes coalisées, et éprouvait des difficultés à nourrir sa population et ses soldats, le dey d’Alger Hussein offrit à la Convention toutes facilités pour faire ses achats de blé, consentant aussi par la suite sous le directoire un prêt d’argent sans intérêts. La guerre terminée, les régimes qui se succèdent n’honorent pas la dette, et quand la France redevient royaliste la dette est revue à la baisse et payée mais à Paris à la caisse des dépôts et consignations; un nombre important de créanciers vrais ou supposés, des commerçants livournais qui avaient servi d’intermédiaires se manifestent alors. Ainsi, sous couvert de satisfaire leurs réclamations, on avait « rendu légale sa spoliation »[7]. Le dey est donc en froid avec le consul de France car il comprend qu’il ne récupérera pas son argent, et que les livraisons de blé ne lui seront jamais payées.

En 1827, le dey d’Alger découvre que la France avait fortifié à l’extrémité est de la Régence à La Calle un entrepôt dont elle avait la concession pour faire du commerce, et qu’elle avait promis de ne pas fortifier. [7]. N’obtenant pas d’explications de la part du gouvernement français, le 30 avril 1827 le dey en demanda verbalement au consul de France. Le consul ignorant ouvertement sa demande, prit donc de haut le dey qui s’emporta alors, injuria, et finalement donna au « représentant de la France » un coup de son chasse-mouche. Si l’on s’en réfère à Robert Louzon, c’est donc bien l’affaire des fortifications de La Calle et non simplement la dette restée impayée qui était à l’origine de l’énervement du dey d’Alger[8][9]. Le gouvernement de la restauration et Charles X, soucieux de redorer l’image de la France à l’étranger et de renforcer l’autorité royale en France, trouvèrent alors dans cet incident (un outrage à la France par le biais de son « représentant », le consul) un prétexte pour intervenir militairement[10].

Entre le 11 et le 18 mai 1830, quelque 37 000 hommes répartis dans 675 bâtiments affrétés par l’entreprise Seillière, c’est-à-dire toute la marine française de l’époque, embarquèrent pour conquérir la bande côtière de l’ancienne régence, par la suite unifiée sous le nom d’Algérie. Le débarquement eut lieu le 14 juin 1830 à Sidi-Ferruch et, le 5 juillet, les troupes françaises du général Louis Auguste Victor de Ghaisne de Bourmont firent leur entrée dans la forteresse d’Alger, le dey capitula le jour même.

L’Émir Abd el-Kader, Grand chef de la résistance algérienne.

L’Émir Abd el-Kader, Grand chef de la résistance algérienne.

Mais la France se heurte à l’ouest à l’émir Abd el-Kader et à l’est aux tribus berbères dont celles de Kabylie menées par Lalla Fatma N’Soumer. La France entame des négociations avec l’émir Abd el-Kader en 1834 et en 1837, date à laquelle est signé le « traité de Tafna ». Mais en 1839, Abd el-Kader déclare la guerre à la France considérant l’expédition aux "Portes de fer" (dans la chaîne des Bibans en Kabylie) par l’armée française comme une violation de traité. En mai 1843, la smala et le fameux trésor d’Abd el-Kader sont aux mains des français.

Lalla Fatma N’Soumer, figure de la résistance à l’armée coloniale française.

Lalla Fatma N’Soumer, figure de la résistance à l’armée coloniale française.

Le 15 mars 1843, le lieutenant-colonel de Montagnac écrivit dans une lettre à un ami, que « toutes les populations qui n’acceptent pas nos conditions doivent être rasées. Tout doit être pris, saccagé, sans distinction d’âge ni de sexe : l’herbe ne doit plus pousser où l’armée française a mis le pied. Qui veut la fin veut les moyens, quoiqu’en disent nos philanthropes. Tous les bons militaires que j’ai l’honneur de commander sont prévenus par moi-même que s’il leur arrive de m’amener un Arabe vivant, ils recevront une volée de coups de plat de sabre. […] Voilà, mon brave ami, comment il faut faire la guerre aux Arabes : tuer tous les hommes jusqu’à l’âge de quinze ans, prendre toutes les femmes et les enfants, (...) En un mot, anéantir tout ce qui ne rampera pas à nos pieds comme des chiens. »[11].

En 1847, Abd el-Kader déposa les armes et se rendit, l’armée française d’Afrique contrôle alors tout le nord-ouest de l’Algérie. À l’issue de la bataille de Zaatcha, dans les Aurès, en 1848, le Constantinois est conquis. Entre 1849 et 1852, la domination s’étend à la Petite Kabylie. En juillet 1857, les tribus de Grande Kabylie se rendent, Lalla Fatma N’Soumer est capturée met un terme à la résistance mais les kabyles se soulèveront encore jusqu’au début des années 1870. La conquête du nord de l’Algérie est alors achevée. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la conquête ne s’est pas faite du nord au sud, puisque les montagnes ont encore une fois été le dernier refuge de l’indépendance. Dans le sud, la prise de Laghouat et de Touggourt, la soumission des Beni-M’zab du Mzab (1852) et celle du Souf, reculent les limites de l’Algérie jusqu’au grand désert.

Ce n’est qu’après un ultime soulèvement, en 1870, par des tribus de Kabylie, lors de la révolte dite « des Mokranis », que la mission de « pacification » s’achève. Elle a fait près d’un million de morts, civils la plupart du temps, la perte démographique se concentrant en particulier sur les six dernières années de la conquête comme le fait remarquer le démographe R. Ricoux[12].

Période coloniale [modifier]

Indigénat et citoyenneté

La France a fait venir des colons pour exploiter les terres et les autochtones afin de lancer la machine économique de l’empire français et d’envoyer outre méditerrannée des éléments sociaux potentiellement dangereux pour l’ordre social (Source: Coloniser Exterminer, Olivier Le Cour Grandmaison, éd. Fayard ; Vive la nation!, Yves Lacoste ; Histoire de L’Algérie coloniale, Benjamin Stora, éd. La découverte, etc.). Les indigènes de culture musulmane ou issus de cette culture étaient sous le régime de l’indigénat et pouvaient en théorie accéder à la citoyenneté française en renonçant à leurs traditions. Patrick Weil, directeur de recherches au CNRS, note toutefois que le musulman algérien, originaire d’un département français, était juridiquement inférieur à un étranger dans la mesure où il était soumis à une procédure beaucoup plus complexe pour obtenir le statut de citoyen français[13]. Souvent répartis dans des zones pauvres, nombreux sont ceux qui sont devenus ouvriers agricoles dans de grandes exploitations créées par les colons dans des zones gagnées sur les marécages autour de la région de Bône ou dans l’algérois et en Oranie. En marge de la société, ils avaient rarement accès à l’enseignement. Leur culture et leurs langues étaient opprimées, les écoles indigènes ont été supprimées au profit d’écoles françaises en nombre très insuffisant. En 1929, 6 % seulement des enfants « indigènes » allaient à l’école primaire.

Débarquement américain près d’Alger, 1942

Débarquement américain près d’Alger, 1942

Les colons et certains immigrés français purent dominer la société algérienne et imposer leur langue qui devint quasi exclusive dans l’administration, l’enseignement et l’affichage. Selon Yves Lacoste, « en Algérie ont été soigneusement oubliés non seulement les principes de laïcité de la IIIe République, mais surtout les lois sur l’instruction primaire obligatoire qui, dans l’intérêt même de la colonisation, auraient été des plus utiles pour essayer de franciser la population « indigène ». L’application de ces lois se heurta non pas au refus des musulmans, mais à celui des « pieds-noirs », les citoyens français d’Algérie (venus pour une grande part d’Espagne et d’Italie) qui, jusqu’aux années 1950 et en fait jusqu’à la guerre d’Algérie, s’opposèrent par tous les moyens à l’ouverture d’écoles pour les « Arabes ». Le but d’une telle obstruction, proclamé sans vergogne dans la presse, était que les musulmans n’apprennent pas le français, qu’ils ne puissent pas lire de livres qui leur donneraient des idées subversives, et aussi qu’ils ne puissent pas prétendre à des fonctions que les Français entendaient se réserver." (Source: Vive la nation !, Yves Lacoste) En 1930, le gouvernement colonial célébra avec faste le Centenaire de l’Algérie française. Bien qu’ils disposaient d’écoles, et de services publics efficaces, la majorité des pieds-noirs vivaient en dessous du seuil de pauvreté comparé à la métropole réf. nécessaire mais leur niveau de vie n’était en aucun cas comparable à celui des Algériens d’origine ou de culture musulmane qui ont souvent pu être comparés à des esclaves tant il est vrai qu’ils étaient pratiquement dépourvus de toutes garanties sociales ou juridiques et constituaient une population presque sans droits. Les riches européens n’étaient cependant qu’une très faible minorité.

Massacre de Sétif

Voir l’article Massacre de Sétif.

Soldats de l'armée coloniale française exécutant un paysan algérien, 1945

Soldats de l'armée coloniale française exécutant un paysan algérien, 1945

Le 8 mai 1945 ont lieu des manifestations d’Algériens dans plusieurs villes de l’Est du pays (le Constantinois) de manière concomitante avec la liesse de la victoire. Ces manifestations devaient permettre aux manifestants de réclamer l’indépendance de l’Algérie. À Sétif, les emblèmes de l’indépendance et les pancartes sont arborés car la promesse avait été faite que la victoire contre le nazisme coïnciderait avec l’émancipation de la nation algérienne du joug colonial. La manifestation se voulait non-violente et visait avant tout à revendiquer moins de misère et davantage de démocratie, mais lorsque les forces de l’ordre tirèrent mortellement sur des manifestants qui arboraient des symboles anti-colonialistes et tentèrent de dépouiller les manifestants de leurs drapeaux, la manifestation a tourné à l’émeute : 27 européens sont assassinés (103 trouveront la mort dans les jours suivants). La répression de l’armée française, conduite par des troupes hétéroclites privées des meilleurs éléments de l’armée réf. nécessaire (mobilisés alors en France et en Allemagne) est d’une extrême brutalité : officiellement, elle fait 1500 morts parmi les musulmans. Chiffre sous-estimé et probablement plus proche des 20 000 à 30 000 selon l’historien Benjamin Stora. Les historiens algériens annoncent pour leur part un total de 45 000 morts.

Déclenchement de la Révolution algérienne [modifier]

Voir l’article guerre d'Algérie.

Rassemblement de troupes (ALN)

Rassemblement de troupes (ALN)

En 1954, l’Algérie compte huit millions de musulmans et un million d’Européens. À partir de 1954, le combat armé pour l’indépendance de l’Algérie se traduit par des exactions contre les populations civiles d’origine musulmane et européenne ainsi que par une guérilla, des maquis et des affrontements avec l’armée française, qui comprend également des unités de supplétifs musulmans appelés « Harkis ». Le FLN organise son combat sur deux fronts. Sur le plan interne il organise une résistance à travers sa branche armée l’ALN, tandis que sur le front diplomatique, il organise ses activités sous la bannière du GPRA, qui orchestre une campagne tous azimuts en vue de plaider la cause algérienne, il réussit en 1958 à introduire pour la première fois dans l’agenda des Nations unies la question algérienne, ce qui représenta un franc succès pour la diplomatie algérienne. Ce conflit fut inscrit dans le cadre du processus de décolonisation qui se déroule après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pour la France, cela concerne entre autres l’Algérie, l’Indochine, Madagascar, le Maroc, la Tunisie, l’Afrique équatoriale française et l’Afrique occidentale française. Le cas de l’Algérie se différencie des autres en ce sens qu’elle appartenait officiellement au territoire français, avec un million de citoyens (les « Pieds-Noirs ») qui y vivent, souvent depuis plusieurs générations.

Le bilan de la guerre d’Algérie fait état de 25 000 tués chez les soldats français et 2 000 morts de la légion étrangère, un millier de disparus, et 1 300 soldats morts des suites de leurs blessures. Environ 450 000 Algériens sont morts durant le conflit (les Algériens avancent le chiffre de 1,5 million de morts), mais c’est sans compter les 8 000 villages incendiés, un million d’hectares de forêts incendiés, 2,1 millions de musulmans déportés dans des camps de regroupement et les dizaines de milliers de harkis massacrés à l'indépendance.

Population en liesse après la proclamation officielle de l’indépendance (5 juillet 1962)

Population en liesse après la proclamation officielle de l’indépendance (5 juillet 1962)

Après l’indépendance [modifier]

L’Algérie est donc devenue indépendante à l’issue d’une guerre longue et coûteuse (guerre d’Algérie) contre la présence coloniale. Une présence qui dura 132 ans, et qui prit fin officiellement le 5 juillet 1962. Cette indépendance a été acquise politiquement à la faveur du référendum d’autodétermination prévu par les accords d’Évian, et par le biais duquel les Algériens se prononcèrent massivement pour l’indépendance de l’Algérie. Les revendications culturelles ont donné naissance à une phrase culte : Tahia el Djazaïr, vive l’Algérie.

Après plusieurs années de gestion autocratique des affaires de l’État, l’Algérie se lance à partir de l’année 1988, dans une expérience inédite de démocratisation. Cependant, cette ouverture s’accompagne de l’entrée des islamistes dans le champ politique, ce qui provoqua l’intervention de l’armée, qui dut interrompre le processus électoral de l’année 1992 marqué par un très fort taux d’abstention. Cette évolution entraîna l’Algérie dans une vague de violence et de terrorisme qui aura duré une décennie. Plus récemment, une coalition formée de trois partis (FLN, RND, MSP) soutient le programme présidentiel. Le président en exercice est Abdelaziz Bouteflika.

Voir aussi : Liste des chefs d'État d'Algérie et Liste des chefs de gouvernement d’Algérie

Politique [modifier]

Voir l’article Politique de l'Algérie.

Politique intérieure [modifier]

Présidence de la République algérienne

Présidence de la République algérienne

Sur le plan politique, l’Algérie a adopté un régime républicain depuis l’avènement de son indépendance en 1962, la Constitution actuelle confère au chef de l’État un rôle central dans la gestion des affaires du pays, c’est ainsi qu’en vertu des articles de cette Constitution, le président de la République est le chef de l’exécutif, chef suprême des forces armées et ministre de la Défense. Le chef de l’État détient également le pouvoir de nommer son premier ministre et les membres du gouvernement sur proposition de ce dernier. L’élection du président de la République se fait au suffrage universel direct, tous les cinq ans.

Le pouvoir législatif est quant à lui constitué de deux chambres (de type bicaméral) :

Depuis l’année 1989, la Constitution algérienne autorise le multipartisme et la liberté d’expression, c’est dans le sillage de cette réforme que beaucoup de partis politiques furent créés, les plus importants demeurent ceux de l’alliance présidentielle qui est composée de trois partis majoritaires à l’Assemblée et au Sénat, il s’agit du FLN, le RND et le MSP

Politique extérieure [modifier]

Sur le plan extérieur, l’Algérie inscrit son positionnement par rapport aux différentes questions internationales sur la base de la doctrine qu’elle a puisée du combat libérateur qui a permis à son peuple de recouvrer sa pleine souveraineté, c’est aussi au nom de cette morale que ce pays soutint durant les années soixante et soixante-dix un nombre important de mouvements révolutionnaires de par le monde, ce qui lui valut d’être considéré comme « le phare du tiers monde » ; par extension et grâce à ses richesses sur le plan énergétique ainsi qu’à sa position particulièrement privilégiée dans le flanc sud de la Méditerranée, l’Algérie jouit d’une influence certaine au niveau des ensembles régionaux auxquels elle appartient (Union africaine, Ligue arabe, dialogue euro-méditerranéen, etc.). Elle a aussi contribué avec succès au règlement d’un certain nombre de crises comme la libération des otages américains en 1981, et plus récemment avec la signature de l’accord de paix entre l’Érythrée et l’Éthiopie.

Les organisations internationales auxquelles participe l’Algérie sont recensées dans le tableau ci-dessous :

Drapeau algérien Relations internationales de l'Algérie Drapeau algérien

AIEA · APPA · BAD · BADEA · BAFD · BIRD · BIsD · CCD · CIO · CMT · CNUCED · CICR · FADES · FAO · FMA · FMI · FIDA · G-15 · G-19 · G-24 · G-77 · HCR · IFRCS · ISO · Inmarsat · Intelsat · Interpol · LA · MNA · MONUC · OACI · OCI · OEA (observateur) · OIAC · OIM (observateur) · OHI · OIT · OMC (candidat) · OMI · OMM · OMPI · OMS · OMT · OPAEP · OUA · ONU · ONUDI · OPEP · OSCE (partenaire) · UA · UIT · UMA · UPU · UNESCO

Forces militaires [modifier]

Voir l’article Armée nationale populaire (Algérie).

Corvette lance-missiles de fabrication algérienne

Corvette lance-missiles de fabrication algérienne

L’Armée algérienne est appelée Armée nationale populaire (ANP). Son principal fournisseur a été l’Union soviétique. Depuis la fin de la guerre froide, l’Algérie a procédé à une diversification de ses approvisionnements en armes, en se tournant notamment vers des pays comme les États-Unis d’Amérique, la Chine et l’Afrique du Sud. Mais il reste que le matériel russe occupe toujours une place prépondérante au sein du parc militaire algérien, cette position a été davantage renforcée par la signature en 2006 d’un contrat très important de livraisons militaires.

Par ailleurs, l’armée algérienne construit certains types d’armements, cela va des corvettes et frégates pour la Marine de guerre, jusqu’aux véhicules blindés de transport de troupes pour l’armée de Terre.

Sur un autre plan, l’armée algérienne s’est lancée à partir de l’année 2000 dans un processus de professionnalisation, qui vise à terme à adapter l’organisation de cette institution aux standards internationaux (notamment ceux de l’OTAN), le corollaire de cette transformation est l’intégration de l’Algérie au sein du dispositif de l’OTAN en Méditerranée.

Économie [modifier]

Voir les articles Économie de l'Algérie et Liste d'entreprises algériennes.

Ministère des Finances à Alger

Ministère des Finances à Alger

L’Algérie est parmi les pays les plus riches du continent africain. Elle est la deuxième puissance économique en Afrique avec un PIB annuel de 102,2 milliards USD en 2005, après l’Afrique du Sud avec 240,1 milliards USD. Sa monnaie est le dinar algérien (DA) abréviation courante ou (DZD) abréviation bancaire.

L’Algérie est un important producteur de gaz naturel et de pétrole, et dispose aussi de réserves importantes de fer au Sud-Ouest, ainsi que d’or, d’uranium et de zinc à l’extrême Sud. Le pétrole et le gaz naturel, exploités par la société nationale Sonatrach, sont les principales sources de revenus. L’Algérie a su diversifier son économie en réformant son système agraire et en modernisant son industrie lourde, mais les hydrocarbures constituent encore la quasi-totalité des exportations. La dette extérieure de l’Algérie s’élevait en décembre 2006 à 4,7 milliards USD contre 17,5 milliards USD en 2005 – le pays est en train de rembourser par anticipation de vastes parts de ses dettes, utilisant ainsi l’afflux de devises inattendues liées à la hausse du prix du pétrole (voir : Pic pétrolier).

En 2006, l’Algérie a achevé le remboursement anticipé de la totalité de sa dette rééchelonnée. En effet, des accords ont été signés sur le remboursement par anticipation de dettes notamment avec la Pologne, l’Arabie saoudite, la Turquie, l’Inde, la Slovénie et le Portugal, selon la presse locale.

Avec ses créanciers publics du Club de Paris, l’Algérie a clos à la mi-novembre tout le processus de remboursement anticipé pour un montant global de 7,75 milliards de dollars. Elle avait également remboursé par anticipation sa dette rééchelonnée avec le Club de Londres en septembre dernier pour un montant de 800 millions de dollars.

Grâce à la hausse des prix de pétrole sur le marché international, la trésorerie de l’Algérie, membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), est relativement solide, ce qui lui permet non seulement de rembourser par anticipation ses dettes extérieures, mais aussi de lancer plusieurs importants projets d’infrastructures.

D’après la Banque mondiale, le classement du revenu national annuel des pays africains est le suivant :

  1. Afrique du Sud : 240,1 milliards de dollars US soit 3 630 USD par habitant ;
  2. Algérie : 102,2 milliards de dollars US soit 3 150 USD par habitant ;
  3. Nigeria: 98,9 milliards de dollars US soit 390 USD par habitant ;
  4. Égypte : 89,3 milliards de dollars US soit 1 310 USD par habitant.

L’Union européenne est le premier partenaire économique de l’Algérie, représentant 54 % de son PIB à l’export et 54,8 % à l’import (2006)[14].

Principaux indicateurs économiques[15]
Indicateurvaleurdate
PIB : 102,2 milliards USD 2005
PIB/habitant : 3150 USD 2005
Réserves en devise : 75 milliards USD décembre 2006
Dette extérieure : 4,7 milliards USD en diminution ( Ministère algérien des finances ) décembre 2006
Service de la dette : 11,7 % des exportations 2005
Encours de la dette: 4,5 % du PIB 2005
Téléphonie mobile: 18,6 millions d’abonnés septembre 2006
Lignes de téléphone : 5 millions 2005
Connexions Internet : 3 millions d’utilisateurs 2005
Nombre de ports : 40 ports, 11 mixtes, 2 destinés aux hydrocarbures
Routes : 107 324 km (dont 71 656 km goudronnées) 1996
Voies ferrées : 4820 km 1996
Nombre d’aéroports : 35 (dont 13 aux normes internationales) 2005
Croissance : 5,1% 2005 (2 %/an entre 1990 et 2001
Inflation : 1,6% 2005 (2,6 % 2003)
Chômage : 12,3 % 2006 ( selon l'office national des statistiques [16])
Solde budgétaire : +3,9 % du PIB 2003
Exportations : 54 milliards USD 2006 (une hausse de 16% des exportations hors hydrocarbures)
Importations : 21 milliards USD 2006 (augmentation de 8,7% des importations de marchandises)
Production pétrolière : 1,450 million de barils par jour 2004
Réserves pétrolières : 43 milliards bep 2006
Réserves de gaz : 4500 milliards de mètres cubes
Investissements directs étrangers (IDE) : 4 milliards USD 2005

Avec la libéralisation progressive de son économie, l’Algérie commence à séduire de plus en plus d’investisseurs étrangers, notamment via la loi no 02-01 du 5 février 2002 qui pose les principes de base de la libéralisation des marchés de l’électricité et de la distribution du gaz par canalisations et la création de la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (CREG). L’Algérie vient en tête de la région MEDA en termes de « flux d’investissements », souligne une étude sur l’investissement direct étranger en 2004 dans la région MEDA, du réseau euro-méditerranéen des agences de promotion des investissements (Anima). Le document précise que la reprise « très nette » observée en 2004 est largement due au secteur de l’énergie. Les IDE commencent cependant à s’élargir à d’autres domaines que les hydrocarbures tels que les domaines des télécommunications, le tourisme, l’industrie, etc. Autant de projets qui font qu’aujourd’hui, note le document d’Anima, l’Algérie devient une destination pour les IDE, malgré un climat d’investissement qui reste à améliorer. Le montant des investissements annoncé par le Mediterranean Investiment Project Observatory (MIPO) pour l’Algérie est de 5,857 milliards d’euros pour 59 projets contre 2,519 milliards d’euros en 2003 pour 31 projets.

La croissance économique a été obtenue en premier lieu par le secteur du bâtiment et des travaux publics (+7,1 %), suivi de celui des hydrocarbures (+5,8 %) et des services (+5,6 %), alors que l’agriculture n’a progresse que de 1,9 %.

Fêtes et jours fériés [modifier]

Fêtes et jours fériés pour l'année 2007
DateNomIndication
1er janvier Jour de l’An Premier jour de l’année universelle
20 janvier Jour de l’An musulman fête religieuse, premier jour de l’année musulmane (Hegire)
29 janvier Achoura fête religieuse
31 mars Jour de la naissance du Prophete Mohamed fête religieuse
1er mai Fête du Travail Jour férié à l’occasion duquel plusieurs manifestations syndicales sont organisées, notamment par l’UGTA.
5 juillet Fête de l’Indépendance et de la Jeunesse Proclamée le jeudi 5 juillet 1962
13 octobre Aïd El Fitr fête religieuse
1er novembre Anniversaire de la Révolution algérienne Déclenchement de la Révolution le lundi 1er novembre 1954
20 décembre Aïd El Adha fête religieuse

Religions [modifier]

Une mosquée à Alger

Une mosquée à Alger

L’islam sunnite est la religion d'État, et la religion de 99 % des Algériens. L’enseignement de la charia (les lois de la religion musulmane) est devenu depuis septembre 2005 obligatoire dans toutes les filières du secondaire. Cependant, la Constitution algérienne garantit à tous les citoyens la liberté du culte. Il existe aussi une petite communauté juive réf. nécessaire.

Il existe par ailleurs une communauté chrétienne catholique répartie dans trois diocèses. Statistiquement, il y aurait environ un peu moins de 0,1% de chrétiens (catholiques et protestants) dans le pays (chiffres de l'ONU datant de 2002) (Voir l'article détaillé : Christianisme au Maghreb).

Les imams, prêtres et rabbins dépendent du ministre des Cultes et sont rémunérés par l’État.

Langue [modifier]

Voir l’article Langues d'Algérie.

Les recensements sur base linguistique, ethnique ou religieuse étant interdites en Algérie, il est difficile de connaître le nombre exact d’arabophones et de berbérophones. Cependant, d’après certaines estimations, le chiffre varie de 86 à 72 % pour les Algériens arabophones, et de 14 à 27,4 % pour les berbérophones [17] [18]. Beaucoup d’Algériens ont également le français pour langue, et un certain nombre parlent ces trois langues et revendiquent plusieurs cultures : culture arabe et culture berbère par exemple, l’une n’excluant pas l’autre.

La colonisation française a eu une certaine influence linguistique. En effet, certains mots employés par les Algériens sont d’origine française, alors que ces mêmes mots ont leur équivalent berbère ou arabe, en usage avant la colonisation de l’Algérie par la France.

Dans la vie courante, les Algériens arabophones parlent en général un arabe dialectal, le darija, assez différencié de l’arabe littéraire par rapport au vocabulaire, mais restant assez proche syntaxiquement et grammaticalement. Le darija a conservé de nombreux mots et structures syntaxiques berbèresréf. nécessaire et a beaucoup emprunté au français.

Bien que la Constitution reconnaisse le berbère comme étant une langue nationale, l’arabe littéraire est la seule langue officielle. Le berbère se décline en plusieurs variantes régionales : chaoui dans les Aurès (Batna), chenoui (Cherchell), kabyle en Kabylie (Tizi Ouzou, Béjaia, Bouira, Boumerdès), mozabit dans le Mzab, ainsi que le touareg au Sahara.

Littérature [modifier]

Voir l’article Littérature algérienne.

Théâtre national d’Alger

Théâtre national d’Alger

L’Algérie recèle, au sein de son paysage littéraire, de grands noms ayant non seulement marqué la littérature algérienne mais également le patrimoine littéraire universel dans trois langues : l’arabe, le berbère et le français. Parmi les plus grandes figures de cette littérature: Albert Camus, Jean Amrouche, Mohammed Dib, Assia Djebar, Tahar Djaout, Mouloud Feraoun, Yasmina Khadra, Mouloud Mammeri, Jean Sénac et Kateb Yacine.

Autres intellectuels:

Abdelkader Medjaoui (1848-1913) Abdelhalim Ben Smaïa (1866-1933) Mohamed Ben Cheneb (1869-1929) Mostefa Lacheraf (1917-2007) Dr Mohamed Nekach (1854-1942) Fatah Ben Brahim (1850- 1928) Mohand Tazout (1893- 1973) Djelloul Benkalfat (1903-1989) Abdelkader Mekidèche (1914 - 1998) Mohammed Benamar Djebbari ( né en 1918) Moubarak Mili (1897- 1945) Tawfik Madani (1899-1983) Cheikh Mohamed Ben Youcef Tfayache (1818-1914) Cheikh Ibrahim Bayyoud (1899-1981) Djilali Sari, éd. ANEP, Alger, 2006, 320 p.

Musique [modifier]

Voir l’article Musique algérienne.

Cheb Khaled, Star internationale de la musique Raï

Cheb Khaled, Star internationale de la musique Raï

La musique algérienne est un parfait reflet de la grande diversité culturelle qui caractérise ce grand pays, les répertoires musicaux se distinguent par plusieurs styles tels que le chaâbi, la musique kabyle, le raï, la musique terguie, ainsi que les grandes écoles de musique andalouse (Tlemcen pour le hawzi, Alger et Constantine pour le malouf) et plus récemment le rock, ou le rap.

La musique moderne se décline sous plusieurs facettes (raï, rap, gnawa, rock), ces différents styles de la chanson moderne ont rencontré un grand succès aussi bien en Algérie qu’à l’échelle internationale, faisant connaître à l’occasion un nombre important de chanteurs algériens parmi lesquels on peut citer : Cheb Bilal, Cheb Khaled, Cheb Mami, Idir, Rachid Taha, Souad Massi, Gnawa Diffusion...

Bibliographie [modifier]

  • Sites et monuments antiques de l’Algérie, Jean-Marie Blas de Roblès, Edisud, 2003, (ISBN 2744903833).
  • La Kabylie et les coutumes kabyles, A. Hanoteau et A. Letourneux, Bouchène, réedition de 1983, (ISBN 2912946433).
  • Protection, conservation and valorization of Algeria’s Cultural Patrimony, Fabio Maniscalco (ed.), collection monographique « Mediterraneum », n° 3, Massa Publisher 2003.
  • Algérie: l’arabisation lieu de conflits multiples, Khamla Taleb Ibrahimi, Revue Maghreb-Machrek n°150, octobre-décembre 1995.
  • Historical Dictionary Of Algeria, Phillip Chiviges Naylor, Scarecrow Press, Inc., 2006, (ISBN 081085340X).
  • Sociologie de l’Algérie, Pierre Bourdieu, PUF 1958, réédition de 2001 (ISBN 2-13-052175-4).
  • Les Kabyles : éléments pour la compréhension de l’identité berbère en Algérie, Tassadit Yacine-Ttitouh, Groupement pour les droits des minorités (GDM), 1992.
  • Berbères aujourd’hui, Salem Chaker, L’Harmattan, 1999, (ISBN 2738473512).
  • Demain l’Algérie, Gerard Ignasse, Syros 1995, (ISBN 2841462013).
  • Société et pouvoir en Algérie, écrit par le chercheur américain William Quandt, spécialiste de l’Algérie et du tiers monde, 1999, édité par Casbah.

Notes [modifier]

  1. (en) - http://www.state.gov/, Département d’État des États-Unis.
  2. (fr) - Les Berbères : Mémoire et identité, Gabriel Camps, Errance, Paris 1995.
  3. (fr) - http://www.clio.fr/, François Decret, Les invasions hilaliennes en Ifrîqiya.
  4. 4,0 4,1 4,2 (en) - http://www.cia.gov/, CIA World Factbook.
  5. (en) - http://www.worldbank.org/, World Development Indicators database, April 2006.
  6. (fr) - Rapport mondial sur le développement humain (ONU), p.221-340
  7. 7,0 7,1 La Prise d’Alger 1830: les commencements de l’empire, Gabriel Esquer, Librairie Larose, Paris 1929, p. 53.
  8. (fr) - http://rebellyon.info/, La légende du coup de l’éventail.
  9. Cent ans de capitalisme en Algérie 1830-1930, Robert Louzon, Acratie, 1998.
  10. Histoire de l’Algérie coloniale (1830-1954), Benjamin Stora, La découverte, 2004, (ISBN 2707144665).
  11. Lieutenant-colonel de Montagnac, Lettres d’un soldat, Plon, Paris, 1885, réédité par Christian Destremeau, 1998, p. 153 (Accessible sur Gallica).
  12. (fr) - http://gallica.bnf.fr/, La démographie figurée de l’Algérie, op.cit., p.260 et 261.
  13. (fr) - http://www.iue.it/, Le statut des musulmans en Algérie coloniale - une nationalité française dénaturée.
  14. (en) - http://www.wto.org/, Organisation mondiale du commerce.
  15. Source : Banque mondiale et (fr) - Présidence de la République Algérienne.
  16. référence, [1]
  17. Gordon, Raymond G., Jr. (ed.), 2005. Ethnologue: Languages of the World, Fifteenth edition. Dallas, Tex.: SIL International. Online version: http://www.ethnologue.com/ (consultation le 4 avril, 2006)
  18. (fr) - http://www.tlfq.ulaval.ca/AXL/, Jacques Leclerc, L’aménagement linguistique dans le monde.

Voir aussi [modifier]

Liens internes [modifier]

   

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